
Types
Légendaires
Qu’elle soit considérée comme différente du conte ou comme un sous-type de celui-ci, la légende se distingue des autres récits par son attachement à un héros et/ou à un lieu bien définis.
1. Le Château de Laustania
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Il y a maintenant bien longtemps, le seigneur de Laustania, trouvant trop pauvre son château, demanda, dit-on, aux Lamignac qu’ils lui en fissent un nouveau.
Les Lamignac le voulurent bien. Volontiers ils feraient le château ; et même, ils le feraient avant le premier chant du coq postérieur au coup de minuit. Une condition : en guise de salaire, le seigneur leur donnerait son âme. Et le seigneur de Laustania en fit la promesse.
Dans la nuit même, les Lamignac commencèrent leur besogne. Ils taillèrent parfaitement de belles pierres rouges d’Arradoy. Et puis, ils se les passaient vivement de l’un à l’autre, en se disant à voix basse : « Tiens, Guillen ! – Prends, Guillen ! – Donne, Guillen ! »
Et le travail avançait, avançait furieusement.
Du haut de l’escalier du poulailler, le seigneur de Laustania regardait les Lamignac. Dans la main il tenait un certain paquet gris.
Et voici que les Lamignac empoignèrent la dernière pierre : « Tiens, Guillen ! – Prends, Guillen !… – C’est la dernière, Guillen !… »
Dans le même instant, le seigneur de Laustania mettait feu à un gros morceau d’étoupe ; une grande lueur s’éleva devant le poulailler. Un jeune coq s’effraya, craignant que le soleil ne l’eût devancé ce jour-là : il chanta kukuruku et se mit à battre des ailes.
Avec un hurlement aigu, le dernier Lamina, dans le gouffre de la rivière jeta la dernière pierre que déjà il tenait dans ses mains : « Maudit coq !… » Et il s’abîma lui-même dans le gouffre avec ses compagnons.
Cette pierre, jamais personne n’a pu la retirer du gouffre. Elle est toujours là, au fond de l’eau : les Lamignac la retiennent avec leur griffes. Et, depuis toujours, il manque une pierre au château de Laustania.
{les Hadas}
{le Petit peuple}
#Corpus Barbier
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#Hadas
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2. Les Lamignac du Mondarrain
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Autrefois, il y avait, dit-on, des Lamignac au plus haut de la montagne du Mondarrain.
Tous les matins, – mais avant que parût le soleil, – la Dame Sauvage allait sur la crête de la montagne, pour se peigner avec un peigne en or. Et cela, tous les bergers des alentours pouvaient le voir.
Une fois, avant le jour, un berger lui dérobe son peigne d’or et prend la fuite.
La Dame Sauvage ne s’en est pas plus tôt aperçue qu’elle se met à le poursuivre. Elle l’a déjà presque rattrapé, quand viennent à paraître les premiers rayons de soleil…
Et aussitôt, bon gré, mal gré, la Dame Sauvage dut rentrer dans son antre, et le berger demeura en possession du peigne.
{les Hadas}
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3. Les Lamignac à Béhorlégui-mendi
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A Behorlegui-Mendi, autrefois, il y avait partout des trous de Lamignac.
Un jour, un berger aperçut une Dame Sauvage qui, dans un de ces trous, se peignait avec un peigne d’or… Et il n’en fut pas peu effrayé !
Mais la Dame Sauvage lui dit de n’avoir point peur. Bien plus, s’il la prenait sur le dos et de son trou la transportait à Apanize, elle lui donnerait de l’argent, à plaisir.
Le berger y consentit : il la transporterait de bon cœur.
Il la prit donc sur le dos. Mais il n’était pas encore sorti de l’antre, que quantité de bêtes surgissaient devant lui. Terrifié, il jeta aussitôt la Dame Sauvage et s’enfuit au plus vite.
La Dame Sauvage, alors, poussa un cri effrayant. Et, dans un hurlement, elle dit :
– Malédiction ! Pendant mille ans, maintenant, il me faut demeurer dans ce trou !
Et depuis, elle est là, en effet, dans le précipice. Et jamais un berger ne s’aventure dans ces parages !…
{les Hadas}
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4. L’église d’Espès
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Jadis les Lamignac bâtirent en une seule nuit l’Église d’Espés.
Et se passant les pierres l’un à l’autre, les Lamignac disaient :
« Tiens ! Guillen ; — Prends ! Guillen ; — La voilà ! Guillen.
Nous étions douze mille, et tous nous nous nommions Guillen. »
Mais pour avoir travaillé précipitamment, ils firent le mur penchant sur la route.
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Informations complémentaires :
- Conté par Mme Grégoire Etcheberry (77 ans, dialecte souletin)
- Transcription : Açarq
- Corpus : Cerquand 1874
- Ref. Haderion : CER011
{les Hadas}
{le Petit peuple}
#Corpus Cerquand
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5. Le pont de Licq
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Jadis, les anciens de Licq ne pouvaient construire un pont sur le gave. A l’endroit où l’on désirait construire ce pont, il y avait trois Lamignac, tous trois se nommant Guillen. Un jour, ces Lamignac dirent à un homme de Licq : qu’ils construiront un pont de pierre la nuit, veille de la Saint-Jean, s’il veut en paiement leur donner son âme. L’homme le leur promit, à condition que le pont sera construit dans une même nuit, avant que le coq ait chanté. La nuit de la veille de Saint-Jean, les trois Guillen ensorcelèrent d’abord tous les coqs et commencèrent à travailler, disant, en se passant les pierres : « Tiens! Guillen ; — donne ! Guillen ; — Prends ! Guillen. » Pour terminer le pont, ils avaient à la main la dernière pierre, lorsqu’un poussin, encore dans l’œuf, sous la poule, chanta. Alors les trois Guillen dirent : « Adieu (adio) notre paiement », et jetèrent la pierre dans l’eau.
Depuis lors une pierre manque, dit-on, au pont de Licq.
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Informations complémentaires :
- Conté par Mlle Engrace Carricart, de Musculdy (dialecte souletin)
- Transcription : Laxague
- Corpus : Cerquand 1874
- Ref. Haderion : CER012
{les Hadas}
{le Petit peuple}
#Corpus Cerquand
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6. La Dame au peigne d’or
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Dans la grotte du mont Orhy, un berger vit un jour une jeune dame se peignant avec un peigne d’or, laquelle dit au berger : « Si tu veux me tirer sur ton dos de cette grotte, le jour de la Saint-Jean, je te donnerai toutes les richesses que tu désireras. Mais quoi que tu puisses voir sur ton chemin, tu ne devras point t’effrayer. » Le berger promit ; le jour de la Saint-Jean venu, il prit la dame sur son dos et se prépara à l’enlever de la grotte. Mais il aperçut tout à coup sur sa route des bêtes fauves de toute sorte ; et un dragon qui lançait des flammes de sa gueule l’épouvanta tellement qu’il abandonna là son fardeau et s’enfuit.
La dame jeta un cri terrible et dit : « Maudit soit mon sort, je suis condamnée à vivre encore mille ans dans cette grotte. »
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Informations complémentaires :
- Conté par Bustanoby (dialecte souletin)
- Transcription : lriart
- Corpus : Cerquand 1874
- Ref. Haderion : CER014
{dragons et serpents}
{les Hadas}
#Corpus Cerquand
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#Dragons
#Hadas
7. L’église d’Arros
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L’église d’Arros, si l’on en croit les anciens, a été bâtie par les Lamignac. Les gens du village voulaient que l’église s’élevât sur la place, et déjà ils y avaient réuni tous leurs matériaux. Mais, tous les soirs, les Lamignac emportaient tout, planches et pierres, au sommet de la montagne, et tous les matins les Arrosiens les allaient rechercher et les rapportaient sur la place. A la fin, ils perdirent courage et résolurent de ne plus bouger. Pourtant l’un d’eux dit : « Je veux les guetter et savoir comme ils s’y prennent. » Et il alla s’asseoir sur une poutre pour attendre leur venue. Mais il finit par s’endormir et voilà que les Lamignac aussitôt arrivent et l’aperçoivent : « Tu voulais nous attraper, dirent-ils, et bien ! c’est nous qui t’attrapperons. » Alors ils prirent la poutre où l’Arrosien s’était endormi, et, sans qu’il s’aperçoive de rien, l’emportèrent au haut de la montagne. Les murs étaient terminés, ils le perchèrent au-dessus. Quand il s’éveilla le lendemain, il fut fort étonné de se trouver là et descendit comme il put.
Les Arrosiens, voyant qu’ils n’étaient pas les plus forts, laissèrent les Lamignac agir à leur guise et achever sans obstacle, en haut de la montagne, l’église commencée.
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Informations complémentaires :
- Conté par Pierre Hourade (48 ans)
- Transcription : Jauréguy
- Corpus : Cerquand 1875
- Ref. Haderion : CER041
{les Hadas}
{le Petit peuple}
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#Petit peuple
8. Le pont de Licq
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Depuis longtemps les gens de Licq désiraient avoir un pont sur le gave. Mais l’endroit était dangereux et personne n’osait l’entreprendre. Un beau jour, ils convinrent d’en charger les Lamignac. Ils les mandent au village et exposent leur embarras.
— Nous ferons votre pont, dirent les Lamignac, et en bonnes pierres de taille, dans la nuit de demain, avant que le coq ait chanté, mais sous une condition.
— Quelle est, dirent les Licquois, votre condition ?
— Vous nous donnerez en paiement la plus belle fille de Licq.
C’était un grand crève-cœur pour les Licquois de livrer la plus belle de leurs filles; mais ils étaient obligés d’en passer par là et ils acceptèrent. La nuit suivante les Lamignac se mirent à l’œuvre.
Or tout le monde sait bien qu’en tout pays les belles filles ne manquent pas d’amoureux. La belle fille de Licq avait aussi le sien. Averti de ce qui se passait, l’amoureux vient à la brune se poster près de l’endroit où travaillaient les Lamignac, et il voit avec terreur que du train dont ils y vont, la besogne sera terminée avant la moitié du temps fixé. Le cœur malade, pris d’une sueur froide, il s’ingénie et trouve enfin une ruse.
Il se dirige vers un poulailler, en ouvre doucement la porte et, avec ses mains, simule le bruit des quatre ou cinq coups d’ailes que donne le coq avant de chanter. Le coq se réveille en sursaut, craignant d’être en retard, et crie : « Coquerico. »
Il était temps. Les Lamignac avaient soulevé la dernière pierre à moitié de sa hauteur. Au chant du coq, ils la jetèrent dans l’eau et avec grand bruit s’échappèrent en disant : « Maudit soit le coq qui a jeté son cri avant l’heure. »
Depuis, disent les anciens, personne n’a pu faire tenir dans la place vide ni cette pierre ni d’autres.
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Informations complémentaires :
- Transcription : Garat (de souvenir), de Gotein
- Corpus : Cerquand 1875
- Ref. Haderion : CER042
{les Hadas}
{le Petit peuple}
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9. La tour de St-Martin de Hasparren
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A St-Martin, sur la montagne, s’élève une tour construite par les Lamignac. On y arrive par un chemin sous terre. C’était une croyance générale que des trésors y étaient renfermés, or et argent en abondance, à découvert ou cachés.
Un jour, les Conseils d’Isturitz et de St-Martin, précédés des curés des deux paroisses, se rendirent à la tour pour vérifier le fait. Ils trouvèrent une salle immense pleine, jusqu’au plafond, d’écus de cinq livres. Mais sur le tas un dragon, sa queue enroulée, reposait.
Alors un des curés fit quelques prières pour conjurer la bête qui, relevant la tête peu à peu, se glissa bientôt dehors. Le curé engagea les conseillers à prendre l’argent, en bonne conscience. Mais tous, craignant le dragon, refusèrent de s’en charger, du premier au dernier.
Et le trésor est encore dans la tour de St-Martin de Hasparren.
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Informations complémentaires :
- Conté par Marie Uhart (46 ans), d’Arhansus
- Transcription : Jaureguy
- Corpus : Cerquand 1875
- Ref. Haderion : CER043
{dragons et serpents}
{les Hadas}
#Corpus Cerquand
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10. La hade et son fils
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Il était une fois à Seignosse, dans le Marensin, un métayer qui passait la herse dans son champ, tout près de l’Etang Noir. Soudain, les bœufs prennent la course et vont se jeter dans l’étang. Ils ressortirent de l’autre côté de l’eau en portant un petit enfant sur la herse. Comme personne ne savait d’où venait cet enfant, les métayers le recueillirent et en prirent soin bien comme il faut. Ils lui avaient demandé d’où il venait, mais lui ne répondait jamais rien, et ils pensèrent qu’il était muet.
Il y avait déjà un certain temps qu’ils l’avaient chez eux sans avoir jamais pu en tirer une parole quand, un soir la métayère mit pour le souper une rangée d’oeufs à cuire dans les cendres du foyer. Et, alors, l’enfant se met à dire :
J’ai vu Dax en ajonchaie
Et Bayonne à l’état d’aunaie,
Jamais je n’ai vu tant de petits pots blancs au feu en même temps !
Les gens, contents de l’avoir fait parler lui firent dire d’où il venait : c’était le fils de la hade de l’Etang. Alors ils prévinrent la mère. La hade, — pensez si elle était heureuse de retrouver son fils —, voulut récompenser ces braves gens. Elle leur dit :
— Vous allez ouvrir les portes de l’étable, et je vais vous la remplir de vaches, autant qu’il pourra en tenir dedans. Le taureau passera le dernier. Il beuglera horriblement, mais quoi qu’il fasse d’horrible, il ne faudra pas vous retourner. Quand il sera passé, vous fermerez les portes.
Le métayer promit de ne pas se retourner et, ainsi qu’il avait été convenu avec la hade, il se plaça derrière la porte de l’étable. Et les vaches commencèrent à entrer ; et il en entrait, et il en entrait toujours, et beaucoup de beau bétail. L’étable était bientôt pleine.
Tout à coup, arrive le taureau ; il se met à beugler mais si horriblement que le métayer pris de peur en entendant de pareils grondements, tourne la tête pour regarder ce qui se passait. Il n’eut pas plutôt tourné la tête que le taureau rebrousse chemin, et toutes les vaches après lui. Le pauvre métayer mort de chagrin de voir s’en aller d’aussi belles bêtes, put pourtant fermer les portes de sorte qu’il en resta quelques-unes à l’intérieur. Il est bien dommage qu’on n’ait pas pu les garder toutes, car c’était de très belles bêtes. Mais la race s’en est perpétuée dans le pays landais.
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Informations complémentaires :
- Collecté vers 1900, conté par Puyaubrau, de Soustons
- Transcription : Boisgontier
- Corpus : Boisgontier 1994, Chaplain 2018
- Ref. Haderion : ARN050
{les Hadas}
{le Petit peuple}
#Corpus Arnaudin
#Légendaire
#Surnaturel
#Hadas
#Petit peuple
11. Le joli hadet et sa mère
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Une fois un bouvier labourait près de la grave noire, dans le Maransin. Ce bouvier s’écarta un peu pendant que ses bœufs buvaient. Quand il revint il trouva perché sur la charrue un hadet tout nu, beau et tendre comme un petit ange. Le hadet sans rien dire se laissa porter à la maison et quand on l’eût vêtu il se mit au coin du feu sans parler. Au foyer il vit des œufs en rang et alors il dit :
— Ah mon Dieu ! les jolis petits pots ! J’ai tant voyagé et je n’en ai jamais vu de pareils !
Quand il parla une voix dehors dit :
— Le mien, il ne faut pas dire à quoi sert la feuille du vergne, parce que tous les bouviers porteraient l’aiguillon doré.
En effet ce que vaut la feuille du vergne est toujours demeuré le secret des hadètes. La mère entra : c’était une hadète des plus distinguées :
— Si vous voulez me rendre mon enfant, leur dit-elle, je vous ferai tous heureux par ici.
— Vous pouvez le prendre, lui répondit-on, puisqu’il est à vous.
— Eh bien ! dit-elle, vous allez préparer vos étables, les parcs et les granges, tout ce que vous avez par ici pour pouvoir loger du bétail : il va vous arriver de partout, des vaches, des veaux, des bœufs et des génisses. Quand arrivera le taureau il y aura du tapage ; il vous semblera qu’il brisera tout ; n’ayez pas peur ; surtout ne vous retournez pas : si vous avez le malheur de vous retourner tant que se fera le tapage, tout sera perdu.
Aussitôt l’enfant rendu à la mère, voilà des troupeaux de vaches, de bœufs, de génisses ; étables, granges, parcs, tout se remplit, et du beau bétail. Mais lorsque arriva le taureau au milieu de ces vaches tous ceux du domaine se crurent perdus ; ils oublièrent la parole de la hadète ; ils tournèrent la tête pour voir par derrière, et vaches, bœufs, veaux et génisses disparurent. Pourtant la race de ce bétail s’est conservée dans la Lande.
{les Hadas}
{le Petit peuple}
#Corpus Dardy
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#Hadas
#Petit peuple
12. Les hadets et les hadètes d’Estans
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A Estans, dans Jautan, il y avait hadets et hadètes. Ils ne mesuraient pas un empan chacun ni chacune. Ils se chauffaient au foyer tous ensemble ; les hadètes avaient leur place sous la cheminée ; là elles faisaient leur veillée tranquilles. Souvent elles n’y allaient que deux, une grande et l’autre petite. Un soir la plus petite arriva la première ; les veilleuses la firent deviser. La grande hadète, de sur la porte en dehors leur cria : « Parle-leur de ce qu’elles voudront, hormis de ce à quoi est bonne la feuille de vergne. » Effectivement la vertu de la feuille du vergne est toujours demeurée le secret des hadètes.
Ceux d’Estans furent heureux tant que les hadètes les visitèrent. Mais les hommes de là leur firent des moqueries : ils leur jetaient de l’eau bouillante, leur donnaient des noms grotesques ; alors les hadètes ennuyées quittèrent Estans avec les hadets, et elles maudirent tous ceux d’Estans en disant :
Estans, Estans,
Tu ne verras plus jamais nul barbe blanc !
Depuis les hommes ne viennent plus vieux à Estans.
{les Hadas}
{le Petit peuple}
#Corpus Dardy
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#Petit peuple
13. La Dame des eaux
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C’est l’histoire de Madame d’Aygues, ce qui veut dire « Madame des Eaux », Madama d’Aigues.
Alors, c’était un jeune homme du village de Sazos qui avait une grange sur le plateau de Bernazau et qui y faisait les foins avec son père et sa mère, il était seul avec son père et sa mère dans la maison, et alors on allait chercher de l’eau fraîche toujours dans une même source, cette source s’appelait « la fontaine des eaux », era hont deres aigues et y on allait plusieurs fois dans la journée chercher de l’eau fraîche parce qu’autrement il n’y avait que de l’eau des rigoles qui n’était pas potable. Alors un jour, il est allé chercher de l’eau comme d’habitude et puis il a vu sur le bord de la fontaine un fil, un fil de soie, il lui a semblé que c’était de la soie ; alors il l’a enroulé un peu, puis ça s’enroulait toujours et il continuait toujours son peloton de soie, il a eu une grosse pelote de soie et finalement au bout du fil est apparu Madama d’Aigues, la fée des eaux si on veut : c’était une belle jeune fille blonde, belle, qui lui souriait et il a été tout étonné et alors il lui a parlé, il lui a demandé d’où elle venait : elle lui a dit qu’elle venait du Lac Grand, c’est-à-dire le lac d’Ardiden. Alors ils ont causé un moment, il lui a dit d’où il était, ce qu’il faisait ; alors elle lui a dit qu’elle aimerait bien le revoir s’il voulait revenir un autre jour ; alors le lendemain, il est retourné bien sûr à la source ; il n’était pas marié, il était célibataire et il se plaisaient, quoi ; alors tous les jours il revenait à la source, il venait la voir et puis quand ils avaient fini de discuter, elle disparaissait dans le trou de la source. Et puis un beau jour ils ont décidé de se marier. Alors il l’a amené à la grange, il l’a montrée à ses parents, tout ça, et tout le monde était content : ils se sont mariés. Et puis ils ont eu deux filles, deux petites filles blondes qui avaient de longues tresses, elles avaient de très beaux cheveux, il paraît. Et elle lui avait dit sans doute, je crois que c’est ça, elle lui avait dit : « Tu ne devras jamais m’appeler Madame d’Aigues. » Et alors il s’en était tenu là, bien sûr ; et puis un jour ils ont eu une petite histoire de ménage, comme ça arrive chez tout le monde et un peu en colère, il lui a dit : « Tu, Madama d’Aigues [Toi, Madame des Eaux]. » Alors elle est partie, elle a disparu et ce soir-là elle n’est pas rentrée dans la grange. Alors lui, il la cherchait, il ne la trouvait nulle part ; et puis un beau jour, pendant qu’il n’était pas là, bien sûr, quand son mari n’était pas là, elle venait à la grange tous les jours, elle venait peigner ses filles, les laver, faire leur toilette, les embrasser, tout ça, puis elle repartait. Et puis un beau jour il était retourné à la fontaine et l’a aperçue : alors il lui a dit quand même qu’il aimerait qu’elle revienne, qu’elle revenait tous les jours bien sûr, mais il ne l’avait pas vue, il regrettait beaucoup ce qu’il lui avait dit et que tout irait bien si elle voulait rentrer dans la famille de nouveau. Alors elle lui a dit : « E bèn, je veux revenir, à une condition, à condition que tu envoies sept hommes me chercher au bord du lac d’Ardiden, un matin, à bonne heure et qu’ils soient tous à jeun.
Alors il est redescendu au village, il a cherché sept hommes, parmi lesquels il y avait un domestique, on appelle ça vailet en patois, de chez Telh. Alors ils sont partis le matin, à jeun, ils devaient être à jeun et ils ont traversé le plateau de Bernazau, puis ils sont montés à Aynis, c’est un peu plus haut, où il y a un pâté de granges et là il y avait un champ, un champ d’orge. Alors, en passant sur le chemin, il [le domestique] a attrapé un épi d’orge dans le champ et il a dit : « Voyons si ce grain est mûr. » Et il a mis un grain d’orge à la bouche et il l’a mangé et puis ils ont continué leur route. Et puis ils sont arrivés au bord du lac, ils ont vu Madame d’Aigues, qu’elle était là, elle les attendait, elle était toujours belle ; et ils lui ont dit : « Nous venons pour te chercher, c’est ton mari qui nous a envoyés te chercher. » Alors elle a dit en patois, elle a dit : « Malaye et vailet det Telh [Malheur au domestique de chez Telh] qui a mangé un grain d’orge en montant. » Et là-dessus elle leur a dit : « Je ne peux pas rentrer, je ne rentrerai jamais plus. » Et elle leur a fait quelques prédictions : « Vous pourrez raconter que dans la maison de chez Carrère chez qui j’étais mariée, ils auront des dettes, la maison tombera très bas, ils seront presque ruinés, mais un jour il y aura un homme de cette famille qui relèvera la maison, qui fera des affaires, et à partir d’à présent il n’y aura jamais beaucoup de monde dans la maison. » Et là-dessus elle s’est jetée dans l’eau et elle a disparu dans les eaux. Et ils n’ont plus rien vu, ils sont rentrés sans elle.
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Informations complémentaires :
- Conté par Marie Lonca, de Sazos, collecté par Ravier
- Transcription : Ravier
- Corpus : Ravier 1986
- Ref. Haderion : RAV001
{les Hadas}
#Corpus Ravier
#Légendaire
#Surnaturel
#Hadas
14. Agos-Vidalos
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La légende raconte que la grotte de Bours était jadis habitée par trois fées merveilleusement belles, terribles enchanteresses dont la retraite était inaccessible. Le jeune et beau sire de Deneins était à cette époque seigneur de Vidalos, habitant le manoir dont, il n’y a pas cinquante ans, on voyait les dernières ruines sur un monticule au centre du village, et de son domaine dépendait l’église qui est encore debout aujourd’hui.
Les fées l’ayant un jour aperçu, s’éprirent de sa bonne mine. Aidées par les hadous, bergers qui gardaient dans les forêts les troupeaux des hades (fées), elles firent creuser un souterrain conduisant de leur grotte au château du guerrier, leur bien-aimé.
Dès ce moment, l’heureux châtelain devient le bon génie de la contrée, et son crédit auprès des puissantes fées est mis plus d’une fois à contribution.
Le gardeur des moutons d’une famille Fourcade, de Vidalos, ayant une fois conduit son troupeau près de la grotte, les fées furent effrayées par le chien que leur aspect avait rendu furieux, et elles appelèrent le berger à leur secours. Celui-ci fit la sourde oreille et se mit à rire sous cape de leurs alarmes. Elles le punirent en l’aveuglant à l’instant, et le chien, dès ce jour, aboya aux oreilles de son maître sans trêve ni merci. Le sire de Deneins, intercédé, obtint la cessation de l’infernal supplice. Dans une autre circonstance, les fées avaient enlevé un petit enfant au berceau, que sa mère, de la famille Bégarie, de Vidalos, venait de déposer, pendant qu’elle travaillait au champ à quelque distance, sous un chêne ombrageant la fontaine de Soupeyre près d’Ost. Il fallut recourir au seigneur, et grâce à l’intervention du favori de ces belles, l’enfant fut replacé sous le chêne, tenant dans ses mains un gros peloton de fil d’or. Il fut toutefois imposé pour condition que la mère, lorsqu’elle viendrait chercher son fils et l’emporterait, ne tournerait pas la tête en arrière quoi qu’elle entendît. A peine a-t-elle fait quelques pas, qu’elle entend derrière elle une musique ravissante qui la pousse à regarder sur ses pas. Mais voilà qu’aussitôt le gros peloton au fil d’or s’échappe des petites mains de l’enfant et s’évanouit. La légende ajoute que, pour dédommager la mère, les fées lui firent plus tard cadeau d’une grande propriété que la famille Bégarie a possédée jusqu’à ces derniers temps.
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Informations complémentaires :
- Collecté par Beauxis, ca 1858, à Agos-Vidalos
- Transcription : Dupouey, Ravier
- Corpus : Ravier 1986 (reprenant Dupouey C., 1859 : « Rapport sur les réponses faites au questionnaire archéologique. Première série », Bulletin de la Société académique des Hautes-Pyrénées, année 1858-1859, vol. 6, n° 1, p. 19-53)
- Ref. Haderion : RAV002
{les Hadas}
#Corpus Ravier
#Légendaire
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#Hadas
14. La hount d’era Encantado
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La fée Margalide, dont la rare beauté avait excité la jalousie des Dames blanches, de Gez, enchanteresses supérieures, se vit imposer pour prison, par ses puissantes rivales, l’espace compris entre la fontaine de Capdivere et celle de Barderoun.
La pauvre prisonnière ne devait recouvrer sa liberté que lorsqu’une main étrangère et bienfaisante aurait dévidé jusqu’au bout un peloton de soie pourpre dont elle était nantie. Aussi, quand on venait puiser de l’eau, laissait-elle toujours paraître dans l’onde le fil à l’éclatante nuance.
Une jeune fille d’Arcizans-Avant, qui s’appelait Élisabeth Vignalounque, étant un jour venue avec sa cruche, aperçut le bout de soie qui semblait couler avec l’eau, et la voilà qui dévide aussitôt ce fil convoité. Pressée par la soif, sa mère la rappelle à grand cris. Tentée par sa trouvaille, qu’elle ne se décide pas facilement à lâcher, l’enfant répond avec douceur, mais continue. Nouveaux cris, menaces de la mère. La petite se décide alors à quitter la fontaine, et rompt entre deux cailloux le fil dont elle tient déjà un gros peloton ? Au même instant apparaissait la fée qu’un bout de soir retenait encore captive dans la roche, à l’orifice du jet d’eau. Éblouie et confuse, Élsabeth se sauve, abandonnant son larcin, et, en fuyant, elle entendait la fée qui chantait :
Déra houn de Capdibere
Enta la houn de Barderoun,
Era nouste Margalide,
Beill et dié, éra net qué droum
De la fontaine de Capdivère
jusqu’à la fontaine du Barderou,
notre Marguerite
veille le jour, la nuit elle dort
On ajoute que Margalide, irritée, jeta encore à l’enfant qui disparaissait ces paroles : Maladito sié era henno qui t’a pourtant, mainado, per nou m’abé léchat sourti d’aci ! (Maudite soit la femme qui t’a portée, jeune fille, pour ne m’avoir pas laissée sortir d’ici). Le lendemain, la mère était morte.
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Informations complémentaires :
- Collecté par Dupouy, ca 1858, à Lau-Balagnas
- Transcription : Dupouey, Ravier
- Corpus : Ravier 1986 (reprenant Dupouey C., 1861 : « Rapport sur les réponses faites au questionnaire archéologique. Deuxième série », Bulletin de la Société académique des Hautes-Pyrénées, année 1858-1859-1860, vol. 6, n° 2, p. 451-487)
- Ref. Haderion : RAV003
{les Hadas}
#Corpus Ravier
#Légendaire
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15. L’encantade d’Arrode
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Avez-vous entendu parler d’Arrode ? Je pense que non. Je vais vous dire ce que c’est.
Vous êtes certainement allés à Gavarnie. Entre Luz et Gèdre, à Pragnères, arrêtez-vous après avoir passé le Gave du Barrada. Regardez à droite. Ce sommet là-bas c’est Caubarole ; suivez la crête jusqu’au bout du rocher qui se trouve devant vous : le monticule par lequel s’achève la crête c’est Arrode.
Dans ce monticule il y a une grotte qui est parmi les plus grandes : la grotte d’Arrode. Elle a plus de cent trente empans de long, sa largeur et sa hauteur sont à l’avenant, elle a un sol de sable fin : on dirait le séjour d’une fée. Et si vous pouviez regarder devant la porte, quel tableau. Vos yeux seraient éblouis à la vue d’un si beau spectacle. Toute la vallée se déroule à vos pieds sans que rien en soit caché. Au fond, les pâturages de Coumély ; au-dessus des pâturages, le sommet de Piméné, et, derrière lui, toute la gloire du Marboré. Sur vos pieds, un joli tapis d’herbe longue ; tout autour, un gazon plein de petites fleurs : un petit paradis ne peut être plus plaisant.
Mais pour arriver en cet endroit, quels chemins ! Seuls les isards, et les chasseurs qui les suivent, peuvent passer dans ces sentiers. Aussi, ne vous étonnez pas si la grotte d’Arrode n’est visitée que de temps ne temps par quelque chevrière de Trimbareille ou par quelque gentil pâtre de Sia.
Pourtant, je veux vous raconter ce qui arriva un jour à une petite jeune fille de Trimbareille.
C’était une enfant qui avait autour de quinze ans : Madeleine Coumetou (Magdalena de Cometon), mignonette, vive, elle paraissait enduite d’argent vif. Une chevrette lui avait échappé la veille et elle l’avait vue qui, là-bas par Prou, montait à Arrode. La jeune fille fut elle aussi obligée d’y monter : cela lui coûtait beaucoup, mon son père avait commandé.
Quand elle arriva devant la grotte, au lieu de la chevrette qu’elle cherchait, savez-vous ce qu’elle vit ? Jamais vous ne le devineriez ! Sur un drap blanc étendu à même le sol, un tas de pièces d’or luisait au soleil ; il semblait que tous les rayons luisaient là : la jeune fille en était fascinée.
Mais ce trésor avait un gardien. Tout près, un serpent déplié sommeillait. Quelle bête ! A sa seule vue, les cheveux de la jeune fille se dressaient. Les pas de la chevrière réveillèrent l’animal.
La pauvrette était partagée entre la peur de l’animal et l’envie de s’approcher de l’or. Le serpent le comprit et il se mit à parler, ce qui acheva d’épouvanter la fillette. Pourtant, la voix n’était pas mauvaise, et la chevrière l’écouta sans trembler.
– Sans doute voudrais-tu cela ? lui dit le serpent.
– Je ne dis pas le tout, répondit Madeleine, mais un peu me ferait plaisir. Chez moi nous devons tous lutter à longueur d’année pour amasser deux ou trois de ces pièces, et ensuite elles s’en vont aussitôt de la maison. Père a acheté un bout de pré à Burret, mais il ne peut jamais arriver à le payer. Avec ce que vous me donneriez, nous serions soulagés de ce souci.
– Tu es une brave fille. Eh bien ! tout cela t’appartiendra si tu fais ce que je vais te dire.
– Qu’est-ce ?
– Reviens ici demain matin dès que tu auras conduit tes chèvres. Ne dis rien à personne, et surtout arrive à jeun.
Cette condition posée, Madeleine se retire. Le lendemain matin, elle ne manqua pas d’arriver de bonne heure. Mais, à peine l’eut-il vue, le serpent lui dit :
– Ça ne va pas aujourd’hui, tu n’es pas à jeun. Reviens demain.
Et c’était vrai. En montant par le haut de Prou la chevrière, sans y porter attention, avait mis la main dans sa poche, elle avait pris quelques miettes et elles les avaient mises dans la bouche.
Le surlendemain, la jeune fille se trouvait de nouveau à Arrode à la pointe du jour. L’animal la regarde une seconde fois et lui dit :
– Aujourd’hui non plus ça ne va pas, tu as mangé.
– Non et non, répondit Madeleine.
– Si, si. Voyons demain, mais si tu ne fais pas davantage attention, ce sera fini.
En passant près d’un champ, le matin, l’adolescente avait pris un épi de blé pour savoir s’il était mûr, et elle avait mis un grain entre ses dents.
Enfin, le troisième jour elle arriva comme il convenait. Le serpent lui dit :
– Déshabille-toi, mets-toi toute nue sur l’herbe ; je vais te passer trois fois dessus, et quoi que tu sentes, ne dis rien.
Il en fut ainsi ; la jeune fille se déshabilla et s’étendit sur l’herbe à plat ventre (littéralement : le cul vers le haut). Au premier passage du serpent, elle ne sentit rien. La deuxième fois, il lui sembla qu’on lui passait sur le dos une barre de fer chaud ; elle avait envie de crier, mais le souvenir de l’or la retint, et elle se tut. La troisième fois, il lui sembla qu’on la frottait avec glaçons ; la sensation fut si forte qu’elle ne put s’empêcher de crier :
– Oh ! quel froid !
Immédiatement la bête poussa un cri terrible ; elle disparut dans la grotte en hurlant à la jeune fille estomaquée :
– Malheureuse, tu m’as enchantée pour la vie !
Point n’est besoin de dire que l’or avait disparu avec son gardien. Depuis lors, dans la grotte d’Arrode, aucune autre chevrière n’a vu ni serpent ni trésor.
Nous croyons tous dans notre pays que ces trésors s’y trouvent encore. Si on ne les a point revus, c’est parce que personne n’a su trouver la porte qui mène aux grandes chambres qui sont à l’intérieur, et où sont entassées les richesses de l’encantade.
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Informations complémentaires :
- Collecté par Rondou
- Transcription : Ravier
- Corpus : Rondou 1908
- Ref. Haderion : RON001
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16. Le Pont de Dax
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Dans un village de Chalosse, non loin de Saint-Sever on peut voir plantée au bord d’un ruisseau, une grande pierre plate qui pèse plus de cent quintaux.
On raconte que, il y a bien longtemps, quand le pont de Dax était en construction, les hades transportèrent la pierre nécessaire aux travaux. Une fois, une hade passait sur le chemin de Dax, avec cette pierre de cent quintaux sur les épaules. Et cette hade marchait vite, et légèrement, comme si elle avait porté un petit sac de duvet.
Sur son chemin, elle rencontra une femme qui lui dit :
— Bonjour femme. Et où allez-vous, si pressée ?
— Bonjour. Je m’en vais à Dax porter cette pierre-ci, répondit la hade.
— À Dax ? fit l’autre. Dites au moins s’il plaît à Dieu.
— Qu’il lui plaise ou non, Pierre plate ira au pont de Dax !
— Eh bien, posez-la là. Tant qu’il ne plaira pas à Dieu, pierre plate ne sortira pas d’ici.
La femme n’avait pas plutôt achevé de parler que cette pierre se mit à peser, à peser sur les épaules de la hade, si bien que celleci dut la déposer au bord du chemin. Et la pierre se planta en terre à l’endroit où elle se trouve encore aujourd’hui, au pied du ruisseau. Cette femme qui avait tout pouvoir de commander aux hades, c’était la Sainte Vierge.
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Informations complémentaires :
- Collecté vers 1900, conté par Cazade, de Labouheyre
- Transcription : Boisgontier
- Corpus : Boisgontier 1994, Chaplain 2018
- Ref. Haderion : ARN092
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